Technique de la lasure

Écrit par Denis

Introduction

Pour faire simple, c’est une technique de lavis qui consiste à utiliser de la lasure (peinture et traitement du bois) à la place de l’encre.

La légende raconte que ce serait les Anglais qui ont eu en premier l’idée de tremper une figurine dans de la lasure.

Même si cette technique est très décriée, elle permet d’obtenir rapidement de très beaux résultats à condition d’y mettre un minimum les formes.

Par ailleurs, cette technique ne permet pas de présenter des figurines dignes de ce nom à un concours…


Champs d’applications

La lasure s’applique avant tout aux armées destinées au jeu. Elle donne des résultats satisfaisant et rend les figurines très résistantes aux chocs. Avec la lasure plus besoin de retoucher tes figurines après chaque transport.

Une fois maîtrisée la lasure permet d’accélérer le rythme de peinture. Demandant moins de doigté que les méthodes classiques, elle permet aux peintres moins doués de présenter des armées potables et surtout entièrement peintes !

La lasure n’est pas pour autant miraculeuse et ne transforme pas une croûte en un chef d’œuvre : il faut au grand minimum maîtriser les aplats. Et pour obtenir des rendus réellement sympathiques tu seras obligé de combiner la trempette avec des méthodes plus avancées.

Les inconvénients

Comme tout le travaille d’ombrage est réalisé par une seule et même teinte, il faut que toutes les couleurs utilisées se marient bien avec. Autant dire que le nombre de schémas de couleurs se trouve extrêmement réduit ! Les lasures les plus communes étant généralement brunâtres seuls les tonalités chaudes (orange, brun, rouge) offrent un bon rendu. On peut toutefois trouver des lasures violacées, mais dans ce cas seules les couleurs froides pourront-être utilisées. Donc les schémas de couleurs mariant des teintes opposées sont à exclure !

La lasure donne le meilleur d’elle-même sur des figurines avec beaucoup de reliefs (fourrure, muscles…). Plus il y a de grandes zones plates, moins bon sera le résultat. La taille, le poids et la fragilité d’une figurine doivent également être prises en compte pour avoir de bons résultats.

Le matériel

Il est nécessaire de s’équiper un minimum pour utiliser cette technique :

  • matériel indispensable :

  • un pot de lasure : dans un magasin de bricolage. Prendre une teinte claire ou neutre (chêne, chêne clair, chêne rustique, noyer voire incolore), choisir un pot contenant une lasure assez liquide (secouer les pots pour comparer), certaines lasures sont même vendues en boutique spécialisée de modélisme et assure une bonne texture ;

  • des cotons-tiges : pour absorber précisément les accumulations de lasure ;

  • du papier essuie-tout : pour absorber grossièrement les accumulations de lasure ;

  • autre matériel utile :

  • des gants en latex : pour protéger ses mains (peut être remplacé par un sac plastique) ;

  • du vernis mat : pour enlever l’aspect brillant de la lasure ;

  • une essoreuse à salade : pour évacuer le surplus de lasure ;

  • de vieilles figurines : pour s’entraîner.

La marche à suivre

  1. On prépare soigneusement sa figurine (ébarbage, fixage, stuffage….) comme pour de la peinture classique.

  • Les collages doivent être costauds, donc contre-percez si nécessaire.

  • Fixez solidement la figurine à un support. Ça peut être son socle, un bouchon ou n’importe quoi d’autre pourvu que cela résiste à la force centrifuge.

  • Les pièces volumineuses ont tout intérêt à être assemblée après la peinture.

  1. Sous-couche à la bombe ou au pinceau.

  • La qualité de votre figurine sera directement liée à la qualité de la sous-couche ! Si vous utilisez la bombe faites plusieurs passages légers pour éviter l’effet granuleux.

  • La sous-couche blanche facilite le travail et permet d’avoir des couleurs plus lumineuses, la lasure assombrira sensiblement le tout !

  • Avec les peintures foundation la sous-couche noire est aussi utilisable. à vous de choisir.

  1. Pose des aplats.

  • Contrairement à ce que certains disent, la lasure n’efface pas les gros ratés. Une peinture propre avec des peintures bien diluées est essentielle !

  • À cette étape il faut bien réfléchir aux teintes utilisées. Le but est d’avoir de gros contrastes entre les différentes parties (ex. chemise et pantalon) tout en gardant une tonalité constante.

  • Le mieux est de faire plusieurs essais sur de vieilles figurines.

  1. Les éclaircissements.

  • Étape non-obligatoire mais donnant un résultat bien plus convaincant.

  • Pas besoin de faire mille glacis pour lier le tout, il est même plutôt conseillé d’avoir quelque chose de tranché (pas du blanc pur non plus, hein ?).

  • Un brossage à sec est suffisant ; mais, combiné à un brossage humide, on reste dans la notion d’obtenir rapidement un résultat satisfaisant.

  1. Le trempage.

  • Il faut bien secouer le pot pour que la lasure soit bien homogène, parfois les pigments coulent au fond.

  • On trempe entièrement la figurine dans le pot avec ses mains ou à l’aide d’une pince.

  • On remue un peu pour être sûr que la lasure va bien se loger dans tous les recoins.

Si la figurine est trop grande ou trop fragile pour être plongée dans le pot, la lasure peut aussi être appliquée au pinceau.

Cette méthode est aussi très utile pour les personnes voulant utiliser différentes techniques de peinture (ex. weathering d’un véhicule à la drawing gum, effet rouille avec laque et sel, etc.) en plus de la lasure :

  • A l’aide d’un pinceau (qui ne servira plus qu’à lasurer), on dépose la lasure sur les zones voulues. Il faut déposer suffisamment de lasure pour qu’elle s’étale « naturellement ».

  • Il ne faut surtout pas peindre avec la lasure car on laisserait des traces bien disgracieuses !

  • A l’aide d’un second pinceau (là aussi, il ne servira plus qu’à ça) d’un coton tige et de papier essuie-tout, on retire les excès de lasure.

Sauter le point « 6 » si la lasure a été appliquée au pinceau.

  1. L’essorage.

  • à l’huile de coude :

  • On saisit fermement le support de la figurine avec des pinces, on rentre le bras dans une grosse boîte en carton (ou un grand sac poubelle) et on secoue vigoureusement.

  • Le secret est dans le coup de poignet, imaginez Indy et son fouet.

  • On ne s’arrête que lorsqu’il n’y a plus de projections de lasure.

  • avec le manège enchanté :

  • Si on a investi dans une essoreuse à salade, il suffit d’y placer la figurine au fond, le socle s’appuyant sur le bord extérieur, fixé à l’aide de patafix ou autre chose.

  • Un tour de manège et la force centrifuge fait le reste.

  • la fronde :

  • On attache bien notre figurine à une ficelle ou un fil de pêche et on fait tournoyer la figurine

  • À faire dehors dans un espace bien dégagé (ça peut gicler assez loin !)

  • Contrairement à la fronde, votre figurine ne devrait pas être projetée. Il faut que tout sois bien fixé et attaché !

Quelle que soit la méthode utilisée, il restera toujours des amas de lasure non désirés. Il suffit d’utiliser coton tige et papier essuie-tout pour absorber le surplus de lasure dans les zones concernées.
  1. Le séchage

  • On laisse sécher sur un matériel non poreux (papier alu, boîtier d’un CD), pour que ça ne colle pas.

  • Soyez patients. Même si le pot annonce que ça sera sec après 4h laissez plutôt 24h de séchage.

  • Évitez de laisser sécher en plein soleil, mais plutôt dans un endroit à l’abri de la poussière et du pollen.

  1. Le fignolage

  • Certaines personnes aiment reprendre les arrêtes et autres parties saillantes pour les faire ressortir. Pour ma part une fois lasurée, je ne retouche rien sauf grosse bévue.

  • Si vous avez fait la trempette avec le socle définitif, c’est le moment de le terminer.

  • Quand le tout et sec, vous pouvez passer une couche de vernis mat pour retirer l’effet très brillant de la lasure.

  • On peut conserver des parties brillantes (sang, plaies ouvertes, pustules…), pour plus de réalisme. Pour cela il suffit de les couvrir avant de vernir.