The Dark Angel

Écrit par Alan

 

DARK Angel, with thine aching lust
To rid the world of penitence:
Malicious Angel, who still dost
My soul such subtile violence!

Because of thee, no thought, no thing,
Abides for me undesecrate:
Dark Angel, ever on the wing,
Who never reachest me too late!

When music sounds, then changest thou
Its silvery to a sultry fire:
Nor will thine envious heart allow
Delight untortured by desire.

Through thee, the gracious Muses turn,
To Furies, O mine Enemy!
And all the things of beauty burn
With flames of evil ecstasy.

Because of thee, the land of dreams
Becomes a gathering place of fears:
Until tormented slumber seems
One vehemence of useless tears.

When sunlight glows upon the flowers,
Or ripples down the dancing sea:
Thou, with thy troop of passionate powers,
Beleaguerest, bewilderest, me.

Within the breath of autumn woods,
Within the winter silences:
Thy venomous spirit stirs and broods,
O Master of impieties!

The ardour of red flame is thine,
And thine the steely soul of ice:
Thou poisonest the fair design
Of nature, with unfair device.

Apples of ashes, golden bright;
Waters of bitterness, how sweet!
O banquet of a foul delight,
Prepared by thee, dark Paraclete!

Thou art the whisper in the gloom,
The hinting tone, the haunting laugh:
Thou art the adorner of my tomb,
The minstrel of mine epitaph.

I fight thee, in the Holy Name!
Yet, what thou dost, is what God saith:
Tempter! should I escape thy flame,
Thou wilt have helped my soul from Death:

The second Death, that never dies,
That cannot die, when time is dead:
Live Death, wherein the lost soul cries,
Eternally uncomforted.

Dark Angel, with thine aching lust!
Of two defeats, of two despairs:
Less dread, a change to drifting dust,
Than thine eternity of cares.

Do what thou wilt, thou shalt not so,
Dark Angel! triumph over me:
Lonely, unto the Lone I go;
Divine, to the Divinity.

Dark Angel, avec ta douloureuse convoitise
Chevauche le monde de pénitence :
Ange malveillant, qui charge encore
Mon âme d'une telle violence subtile !

À cause de toi, aucune pensée, aucune chose,
Ne demeure pour moi épargnée :
Dark Angel, toujours sur la brèche,
Qui ne m'a jamais approché trop tard !

Lorsque les sons de la musique, t'ont altéré
Sa couleur argentée en un feu suffocant :
Pas plus que ton cœur envieux ne permette
Le délice corrompu par le désir.

Grâce à toi, les Muses gracieuses se transforment,
En Furies, Oh Mon Ennemie !
Et toutes les choses de beauté brûlent
Avec des flammes du diable en extase.

À cause de toi, le pays des rêves
Devient un lieu où se rassemblent les craintes :
Jusqu'au sommeil tourmenté qui ressemble
A un tourbillon de larmes inutiles.

Lorsque la lumière du soleil brille sur les fleurs,
Ou la danse des reflux de la mer :
Toi, avec ta troupe de pouvoirs passionnés,
Enrôlez-moi, rendez-moi sauvage.

Dans le souffle de la forêt d'automne,
Dans les silences de l'hiver :
Ton esprit venimeux remue et couve,
O Maître des impiétés !

L'ardeur de la flamme rouge est à toi,
Et toi l'âme d'acier de glace :
Tu empoisonnes l'équilibre équitable
De la nature, avec un appareil injuste.

Pommes de cendres, lumière dorée ;
Eaux d'amertume, ô combien douce !
Ô banquet de fausse joie,
Que tu as dressé, Paraclet sombre !

Tu es le murmure dans les ténèbres,
Le ton insinuant, le rire qui hante :
Tu es l'ornement de ma tombe,
Le ménestrel de épitaphe mien.

Je te combats, au Nom Saint !
Pourtant, ce que tu fais, c'est ce que Dieu dit :
Tentateur ! Dois-je échapper à ta flamme,
Tu prétends avoir sauvé mon âme de la Mort :

La seconde Mort, qui ne meurt jamais,
Qui ne peut pas mourir, quand le temps est mort :
Vivre la Mort, dans laquelle l'âme perdue pleure,
Éternellement accablée.

Dark Angel, avec ta douloureuse convoitis e!
De deux défaites, de deux désespoirs :
Moins crainte, un changement en poussière perdue,
Que ton éternité de craintes.

Fais ce que tu veux, ce que tu ne voudras pas,
Dark Angel ! Triomphe de moi :
Solitaire, je rejoints l'Unique ;
Divin, jusqu'à la Divinité.

 
Lionel Pigot Johnson (poète anglais de la fin du 19e siècle)
 
Traduction par le Farfadet-fou (et c'est pas simple, c'est de l'ancien anglois ; enfin, j'ai essayé de conserver l'esprit du texte).